{"id":456,"date":"2021-08-05T19:08:45","date_gmt":"2021-08-05T17:08:45","guid":{"rendered":"https:\/\/bonusscenescoupees.com\/?page_id=456"},"modified":"2023-03-27T11:48:47","modified_gmt":"2023-03-27T09:48:47","slug":"tristesse","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/bonusscenescoupees.com\/?page_id=456","title":{"rendered":"Tristesse"},"content":{"rendered":"\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"has-text-align-center wp-block-heading\"><strong>Tristesse<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify custom-indent\">La&nbsp;<em>tristesse<\/em>&nbsp;consiste ici dans des&nbsp;<em>id\u00e9es<\/em>&nbsp;tristes. Mais ce qu\u2019il y a de plus remarquable dans la tristesse m\u00e9lancolique, ce qui la distingue d\u00e9finitivement de l\u2019<em>affliction<\/em>&nbsp;(o\u00f9 l\u2019abaissement de l\u2019humeur est cons\u00e9cutif \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement av\u00e9r\u00e9), c\u2019est son caract\u00e8re essentiellement tournant, planant (<em>schwebend<\/em>), au sens que Freud donnait \u00e0 ces images. C\u2019est-\u00e0-dire que les repr\u00e9sentations deviennent des&nbsp;<em>occasions<\/em>&nbsp;ou des&nbsp;<em>pr\u00e9textes<\/em>&nbsp;de tristesse, bien plus que des ant\u00e9c\u00e9dents ou des causes. Ces pr\u00e9textes ou occasions sont ordinairement fournis par le milieu ambiant (les ami.e.s, les normes publicitaires, les prescriptions relatives aux \u00ab \u00e2ges de la vie \u00bb), de sorte que le ou la m\u00eame s\u2019affligera de ses \u00e9checs amoureux \u00e0 vingt ans, et, \u00e0 quarante, pleurera ses ambitions d\u00e9\u00e7ues. Or, comme le savait un grand m\u00e9lancolique, \u00ab&nbsp;On passe souvent de l\u2019amour \u00e0 l\u2019ambition, mais on ne revient gu\u00e8re de l\u2019ambition \u00e0 l\u2019amour&nbsp;\u00bb (La Rochefoucauld, maxime 490).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify custom-indent\">Rappelons-nous la disproportion entre certains de nos grands chagrins, et les causes infimes qui leur ont donn\u00e9 naissance. Imitons en cela Maine de Biran, parmi les philosophes l\u2019un des plus experts en ces mati\u00e8res : \u00ab Il n\u2019est point au pouvoir de la philosophie, de la raison, ou de la vertu m\u00eame, toute puissante qu\u2019elle est sur la volont\u00e9 et les actes de l\u2019homme de bien, de cr\u00e9er par elle-m\u00eame aucune de ces affections heureuses qui rendent si doux le sentiment imm\u00e9diat de l\u2019existence, ni de changer ces dispositions funestes qui peuvent le rendre insupportable. [\u2026] Celui qui aurait trouv\u00e9 un secret aussi pr\u00e9cieux, en agissant sur la&nbsp;<em>source m\u00eame de la sensibilit\u00e9 int\u00e9rieure<\/em>, devrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme le premier bienfaiteur de l\u2019esp\u00e8ce, le dispensateur du souverain bien, de la sagesse et de la vertu m\u00eame, si l\u2019on pouvait appeler vertueux celui qui serait toujours bon sans effort, puisqu\u2019il serait toujours calme et heureux \u00bb (<em>M\u00e9moire sur les perceptions obscures<\/em>, 1807, \u00e9d. Tisserand, p. 18-22, nous soulignons). La \u00ab source de la sensibilit\u00e9 int\u00e9rieure \u00bb se d\u00e9robe, et se d\u00e9robera toujours, \u00e0 nos efforts d\u2019appr\u00e9hension et de ma\u00eetrise ; c\u2019est pourtant elle qui dirait le secret de notre humeur, tant\u00f4t all\u00e8gre dans l\u2019adversit\u00e9, tant\u00f4t chagrine dans les succ\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify custom-indent\">Les modernes anti-d\u00e9presseurs confirment le jugement de Biran. On a tort d\u2019y craindre des psychotropes <em>modificatifs<\/em>&nbsp;ou&nbsp;<em>centrifuges<\/em>, qui transformeraient le sujet en autre chose \u2014 m\u00eame si le spectre de l\u2019 \u00ab&nbsp;humain parfait&nbsp;\u00bb demeure pr\u00e9sent \u00e0 l\u2019horizon \u2014, car ils sont, au m\u00eame titre que les anxiolytiques, des psychotropes&nbsp;<em>restitutifs<\/em>&nbsp;ou&nbsp;<em>centrip\u00e8tes<\/em>, qui rendent le sujet \u00e0 ce qu\u2019il serait s\u2019il n\u2019y avait pas les troubles. \u00c0 l\u2019observation int\u00e9rieure (peu fiable en toute autre circonstance, car le moi m\u00e9lancolique est inhabitable), les explications causales et les interpr\u00e9tations psychog\u00e9n\u00e9tiques se r\u00e9v\u00e8lent alors pour ce qu\u2019elles sont le plus souvent, \u00e0 savoir des rationalisations r\u00e9trospectives&nbsp;; derri\u00e8re leur voile \u00e0 pr\u00e9sent rel\u00e2ch\u00e9, elles laissent apercevoir les mouvements incontr\u00f4l\u00e9s, irraisonn\u00e9s et capricieux, de ce que nous appelons notre \u00ab moral&nbsp;\u00bb \u2014 de je ne sais quel petit poisson qui fr\u00e9tillerait au fond de la t\u00eate. Il est m\u00eame des situations particuli\u00e8rement favorables, r\u00e9unissant le calme des passions, des id\u00e9es incidentes et des \u00e9motions, o\u00f9 les&nbsp;<em>piq\u00fbres subites<\/em>&nbsp;de tristesse et de joie qui d\u00e9clenchent nos encha\u00eenements affectifs les plus inexorables, sont per\u00e7ues pour elles-m\u00eames, dans leur intraitable gratuit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify custom-indent\">Qu\u2019il n\u2019y a rien \u00e0 comprendre, rien \u00e0 interpr\u00e9ter dans ces intermittences de l\u2019humeur, c\u2019est ce qu\u2019a compris Schopenhauer, tout \u00e0 la fois contemporain et rival de Biran, lorsqu\u2019il distingua soigneusement, et radicalement, la \u00ab Volont\u00e9 \u00bb (qui souffre) de l\u2019&nbsp;\u00ab&nbsp;Intellect \u00bb (qui interpr\u00e8te). Et s\u2019il a cru trouver, dans la \u00ab chose en soi \u00bb de Kant, une expression convenable de sa pens\u00e9e, c\u2019est pour cette seule raison&nbsp;: de la \u00ab chose en soi \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire de la souffrance, il n\u2019y a rien \u00e0 comprendre, ni \u00e0 expliquer, ni \u00e0 interpr\u00e9ter.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify custom-indent\">Schopenhauer d\u00e9crit, dans un po\u00e8me de jeunesse totalement m\u00e9connu, le&nbsp;<em>mieux-\u00eatre<\/em>&nbsp;propre au m\u00e9lancolique. La seule comparaison qui vaille ici est celle d\u2019une \u00e9claircie, celle de nuages sur le point de se lever. Car l\u2019\u00e9claircie n\u2019est pas modification des \u00eatres et des choses \u2014 ils demeurent intrins\u00e8quement les m\u00eames, tant\u00f4t mena\u00e7ants, tant\u00f4t rass\u00e9r\u00e9nants \u2014, mais de la&nbsp;<em>qualit\u00e9<\/em> de la lumi\u00e8re dont ils sont nimb\u00e9s. \u00ab Comment ai-je pu trouver le monde si laid&nbsp;?&nbsp;\u00bb, se demande le m\u00e9lancolique pendant ses brefs r\u00e9pits. \u00ab&nbsp;Le monde est bien le m\u00eame, et c\u2019est donc moi qui ne savais le regarder.&nbsp;\u00bb Voici ces vers, recueillis \u00e0 la toute fin des&nbsp;<em>Parerga et Paralipomena<\/em>&nbsp;(nous traduisons) :<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><strong>Une matin\u00e9e dans le Harz<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p><em>Lourd de brumes, noir de nuages,<\/em><br><em>Le Harz avait un aspect morne :<\/em><br><em>Et le monde \u00e9tait bl\u00eame. \u2014<\/em><br><em>Alors per\u00e7a un rayon de soleil,<\/em><br><em>Comme un rire,<\/em><br><em>Et tout devint joie et amour.<\/em><\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<figure class=\"wp-block-image size-medium is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bonusscenescoupees.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Le-Harz-pres-de-Sonnenkappe.jpg?resize=379%2C284&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-794\" width=\"379\" height=\"284\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bonusscenescoupees.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Le-Harz-pres-de-Sonnenkappe.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/bonusscenescoupees.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Le-Harz-pres-de-Sonnenkappe.jpg?w=640&amp;ssl=1 640w\" sizes=\"auto, (max-width: 379px) 100vw, 379px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le Harz pr\u00e8s de Sonnenkappe (Wikicommons, photo Leonhard Lenz)<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p><em>Il s\u2019installe sur le versant de la montagne,<\/em><br><em>O\u00f9 il demeure immobile, o\u00f9 il demeure un moment,<\/em><br><em>Dans une profonde et bienheureuse volupt\u00e9.<\/em><br><em>Puis il s\u2019en va vers le sommet de la montagne,<\/em><br><em>Il embrasse tout le sommet.<\/em><br><em>Comme la montagne aime le soleil !<\/em><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify custom-indent\">\u00ab Et tout devint joie et amour \u00bb : comment put-il en \u00eatre autrement ? Aurais-je donc r\u00eav\u00e9 ?, semble s\u2019interroger l\u2019apprenti po\u00e8te. Si \u00ab tout \u00bb devint joie et amour, c\u2019est que le monde (cet unique objet des m\u00e9ditations schopenhaueriennes ult\u00e9rieures) n\u2019a pas chang\u00e9, qu\u2019il se compose des m\u00eames \u00eatres et des m\u00eames choses, que, seul, le regard port\u00e9 sur lui a chang\u00e9, et que par cons\u00e9quent l\u2019erreur trouvait son si\u00e8ge dans ce regard, nulle part ailleurs. Dit plus philosophiquement : le m\u00e9lancolique, quand il ressent un \u00ab&nbsp;mieux&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>perd<\/em>&nbsp;l\u2019acc\u00e8s aux raisons m\u00eames pour lesquelles il \u00e9tait triste (\u00ab&nbsp;comment donc ai-je pu \u00eatre triste ?&nbsp;\u00bb)&nbsp;: car ces raisons \u00e9taient une suite de sa tristesse, et non pas la tristesse de ces raisons. Elles ne survivent pas \u00e0 la tristesse, pas plus qu\u2019une pluie ne survit aux nuages qui l\u2019ont port\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify custom-indent\">Mais cette tristesse n\u2019est pas une tristesse ordinaire plus constante. Lorsque le m\u00e9lancolique parvient \u00e0&nbsp;<em>\u00e9prouver la tristesse<\/em>, il franchit d\u00e9j\u00e0 une \u00e9tape vers le mieux-\u00eatre. Au point qu\u2019il peut lui arriver d\u2019<em>aspirer<\/em>&nbsp;\u00e0 la tristesse, au chagrin v\u00e9ritable, et, chose horrible \u00e0 dire \u2014 plus horrible encore \u00e0 constater \u2014, de fomenter son propre malheur, pourvu que par l\u00e0 se dissipe la grisaille uniforme et indiff\u00e9rente, bannissant le plaisir et l\u2019entrain, en quoi consiste la tristesse proprement m\u00e9lancolique. Car cette derni\u00e8re s\u2019apparente davantage \u00e0 une incapacit\u00e9, pour l\u2019individu, d\u2019<em>acc\u00e9der \u00e0 ses propres affects<\/em>&nbsp;(parmi lesquels se trouve la tristesse), qu\u2019\u00e0 une affliction cons\u00e9cutive \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement de la vie. La tristesse est elle aussi, nous rappelle Spinoza, une forme du d\u00e9sir&nbsp;; il ne saurait y avoir de tristesse, l\u00e0 o\u00f9 le d\u00e9sir est \u00e9teint (et cela, lors m\u00eame que la tristesse est, pr\u00e9cis\u00e9ment, le mouvement par lequel le d\u00e9sir s\u2019\u00e9teint).<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-medium is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/bonusscenescoupees.com\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Gli-indifferenti.jpg?resize=259%2C361&#038;ssl=1\" alt=\"\" class=\"wp-image-1640\" width=\"259\" height=\"361\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/bonusscenescoupees.com\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Gli-indifferenti.jpg?resize=215%2C300&amp;ssl=1 215w, https:\/\/i0.wp.com\/bonusscenescoupees.com\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Gli-indifferenti.jpg?w=357&amp;ssl=1 357w\" sizes=\"auto, (max-width: 259px) 100vw, 259px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify custom-indent\">Sur cette\u00a0<em>indiff\u00e9rence<\/em>, qui est fermeture \u00e0 ses propres affects, Moravia a des pages \u00e9vocatrices dans le roman \u00e9ponyme\u00a0(quoiqu\u2019elles fussent \u00e9crites d\u2019un point de vue un peu distinct) : spoli\u00e9 par l\u2019amant de sa m\u00e8re, courtis\u00e9 par la meilleure amie de celle-ci, voyant ledit amant se d\u00e9sint\u00e9resser d\u2019une m\u00e8re qui en con\u00e7oit une jalousie intense, \u00e9lev\u00e9 avec une s\u0153ur qui repr\u00e9sente pour lui le type \u2014 inaccessible \u2014 de la femme d\u00e9sirable, Michele \u00ab\u00a0avait besoin de ha\u00efr Leo, d\u2019aimer Lisa, d\u2019\u00e9prouver du d\u00e9go\u00fbt et de la compassion pour sa m\u00e8re, et de l\u2019affection pour Carla\u00a0: tous sentiments qu\u2019il ignorait. [Il lui fallait se rendre] ailleurs, chercher ses propres fr\u00e9quentations, ses propres lieux, ce paradis o\u00f9 tout (les gestes, les paroles, les sentiments) aurait une adh\u00e9rence imm\u00e9diate \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 qui serait \u00e0 leur origine\u00a0\u00bb (Moravia,\u00a0<em>Les indiff\u00e9rents<\/em>, nous traduisons, empl.\u00a04484). La perte de l\u2019\u00a0\u00ab\u00a0adh\u00e9rence imm\u00e9diate\u00a0\u00bb entre les affects et leurs ant\u00e9c\u00e9dents suppos\u00e9s, Moravia l\u2019impute, et il a sans doute parfaitement raison, \u00e0 une fatigue sociale et politique de la bourgeoisie italienne des ann\u00e9es 1920. Mais il d\u00e9peint \u00e9galement, avec une admirable pr\u00e9cision, un sympt\u00f4me clair de la tristesse m\u00e9lancolique, charge \u00e0 ses lecteur.e.s, ensuite, d\u2019appr\u00e9cier la pertinence, et les d\u00e9fauts, de cette analogie politico-psychologique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify custom-indent\">La r\u00e9action cons\u00e9cutive \u00e0 un deuil, on le sait depuis Freud, s\u2019accompagne souvent de sympt\u00f4mes analogues, le double objet du th\u00e9rapeute \u00e9tant alors de les discerner et de les apaiser. De nombreux patient.e.s confessent qu\u2019\u00e0 leur grand \u00e9tonnement, ils ne s\u2019attristent pas du d\u00e9c\u00e8s de leur p\u00e8re, de leur m\u00e8re, de tel ou tel de leurs proches, qu\u2019ils ne&nbsp;<em>parviennent pas<\/em>&nbsp;\u00e0 s\u2019en attrister, et qu\u2019ils pr\u00e9f\u00e9reraient ressentir une bonne fois, en lieu et place de cette indiff\u00e9rence \u00e0 leurs yeux monstrueuse, la tristesse que, pensent-ils, on attend d\u2019eux. Il y a l\u00e0 \u00e9galement une manifestation si typique de cette forme de tristesse qui signale la \u00ab&nbsp;m\u00e9lancolie&nbsp;\u00bb, que Freud n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 interpr\u00e9ter celle-ci comme une souffrance induite par l\u2019agression du moi envers l\u2019objet du deuil, introject\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p><a href=\"https:\/\/bonusscenescoupees.com\/?page_id=460\">page pr\u00e9c\u00e9dente<\/a><\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\"><a href=\"https:\/\/bonusscenescoupees.com\/?page_id=479\">page suivante<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tristesse La&nbsp;tristesse&nbsp;consiste ici dans des&nbsp;id\u00e9es&nbsp;tristes. 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